Expédier en Suisse depuis sa boutique en ligne : ce qu'il faut préparer.

La Suisse est à côté, on y parle français, et pourtant chaque colis y passe la douane. Voici ce qu'il faut avoir en main avant le premier envoi, les documents à joindre à chaque colis, et ce qu'il vaut mieux dire au client avant qu'il commande.

Un colis pas comme les autres

Envoyer un colis à Lyon ou à Bruxelles ne demande aucun document particulier. La Suisse, elle, ne fait pas partie de l'Union européenne : tout envoi qui y entre est déclaré à la douane, quel que soit son montant.

Ce n'est pas compliqué, mais c'est une suite d'étapes à respecter. Quand elles le sont, le colis passe sans encombre. Quand il manque une information, il attend, et le client aussi.

Avant le premier envoi

Deux choses se préparent une fois pour toutes.

Le numéro EORI. C'est l'identifiant de votre entreprise auprès des douanes. Il est demandé à toute entreprise qui expédie des marchandises hors de l'Union européenne, et il se demande gratuitement auprès de la douane française. Si le vôtre est ancien et construit sur votre numéro SIRET, vérifiez-le : un passage à un numéro construit sur le SIREN a été annoncé.

Le code SH de vos produits. C'est un code à six chiffres qui classe chaque marchandise, de la même façon dans tous les pays. La douane s'en sert pour savoir ce que contient le colis. On le cherche une fois par type de produit, puis on le garde dans sa fiche produit.

Une fois pour toutes

  • Votre numéro EORI
  • Le code SH de chaque type de produit
  • Le transporteur, et qui paie les frais à l'arrivée
  • Une phrase claire sur votre boutique pour les clients suisses

Pour chaque colis

  • La facture commerciale
  • La déclaration en douane du transporteur
  • Une description précise du contenu
  • La valeur hors taxes, article par article
Ce qui se prépare une fois, et ce qui se refait à chaque envoi.

Les documents de chaque colis

La facture commerciale. Elle accompagne le colis et décrit ce qu'il contient : l'expéditeur avec son numéro EORI, le destinataire, chaque article avec sa description, sa quantité, sa valeur hors taxes et son code SH. « Articles divers » ou « cadeau » ne suffisent pas : la description doit dire ce que c'est.

La déclaration en douane. Sa forme dépend du transporteur.

  • Par La Poste, c'est un formulaire : le CN22 pour les petits envois, de moins de 2 kg et d'une valeur inférieure à 300 DTS, soit environ 360 euros, et le CN23 au-dessus.
  • Avec un transporteur express, les mêmes informations se saisissent en ligne au moment de créer l'expédition, et la facture commerciale est jointe.

Dans les deux cas, ce sont les mêmes renseignements qu'on vous demande. Les avoir sous la main, dans un tableau ou dans vos fiches produits, fait gagner du temps à chaque envoi.

Qui paie quoi à l'arrivée

C'est le point qui surprend le plus les clients, et celui qu'il faut régler avant la commande.

À l'entrée en Suisse, le colis est soumis à la TVA suisse : 8,1 % au taux normal, 2,6 % pour certains produits comme l'alimentation ou les livres. Elle se calcule sur le prix des articles, frais de port compris. La TVA française n'entre pas dans le calcul.

Une règle allège les petites commandes : quand le montant de la TVA est inférieur à 5 francs, il n'est pas perçu. Au taux normal, cela correspond à une commande d'environ 62 francs, port compris.

Petite commande
Articles40 CHF
Frais de port10 CHF
TVA suisse à 8,1 %4,05 CHF
TVA perçueAucune

Le montant de la TVA est inférieur à 5 francs : il n'est pas perçu.

Commande plus importante
Articles120 CHF
Frais de port15 CHF
TVA suisse à 8,1 %environ 10,95 CHF
TVA perçueOui

S'y ajoutent les frais de dédouanement du transporteur, variables selon l'entreprise.

Deux exemples au taux normal. Montants indicatifs, à vérifier auprès de votre transporteur.

Reste à décider qui règle ces sommes. Deux formules existent :

  • Le destinataire paie à la livraison. C'est le réglage par défaut. Le client reçoit une demande de paiement du transporteur, TVA et frais de dédouanement compris.
  • L'expéditeur prend tout en charge. Les frais vous sont facturés par le transporteur, et vous les intégrez à votre prix. Le client ne paie rien à la réception.

Aucune des deux n'est meilleure dans l'absolu. La première est plus simple pour vous, la seconde plus agréable pour le client. Ce qui compte, c'est que le client sache laquelle s'applique avant de payer.

Ce qu'il faut dire au client avant qu'il commande

Sur les expéditions vers la Suisse qu'on a organisées, pour des professionnels comme pour des particuliers, les frais étaient chiffrés dans le devis avant le départ du colis. Le client savait ce qu'il aurait à régler, et à qui. C'est sans doute pour cela que ces envois se sont déroulés sans mauvaise surprise.

Sur une boutique en ligne, certaines commandes passent aussi par un devis, et les frais peuvent y figurer de la même façon. Mais la plupart sont validées directement par le client, sans échange avec vous : c'est alors au site de le dire. Trois informations suffisent, placées sur la page de livraison et rappelées au moment de la commande :

  • la commande part hors de l'Union européenne et passe la douane ;
  • la TVA suisse et des frais de dédouanement peuvent s'appliquer ;
  • qui les paie, vous ou le client, et à quel moment.

Un client prévenu accepte ces frais. Un client qui les découvre devant son livreur refuse parfois le colis, et c'est vous qui payez le retour.

Les points à vérifier avant de fermer le colis

La plupart des retards en douane viennent d'une information manquante ou trop vague. Avant chaque envoi, on relit quatre choses :

  • la description dit précisément ce que contient le colis ;
  • chaque article a une valeur hors taxes, jamais zéro ;
  • le code SH est renseigné pour chaque type d'article ;
  • le numéro EORI figure sur la facture, et les coordonnées du destinataire sont complètes, téléphone compris.

Pour finir

Expédier en Suisse demande un peu de préparation la première fois, puis devient une habitude : les mêmes documents, les mêmes vérifications, la même phrase d'information pour le client.

Deux précisions. Les règles et les montants évoluent : ceux de ce guide sont ceux d'octobre 2026, à vérifier auprès de la douane et de votre transporteur. Et le traitement de la TVA française sur ces ventes se voit avec votre comptable.

Si vous préférez confier la préparation de vos expéditions, c'est une partie de ce qu'ADMINALYS prend en charge : voir Commandes, stocks et SAV.

Sources

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